Fait étrange, en
parcourant un texte italien, je rencontre les mots "pungitopo" et "agrifoglio" dans la même phrase (deux donzelles se baladent dans une forêt en quête d'une plante appelée
"hellébore" (elleboro) qu'elles essaient de repérer parmi un enchevêtrement de ronces et de houx. Alors que mon Robert &
Signorelli ne fait aucune distinction entre "pungitopo" (littéralement, "repousse-rat", ce qui m'a amusée) et "agrifoglio", et traduit les deux expressions
par "houx", je reste naturellement insatisfaite.
Si l'italien utilise deux termes différents, bon sang de bonsoir, c'est qu'il y a forcément
une raison.
Alors, je me lance dans de nouvelles investigations... botaniques (la traduction mène à tout, je vous assure).
Résultat des courses : il "pungitopo" est, en réalité, ce qu'il convient d'appeler le "petit houx", le "faux houx",
houx z'encore, le "fragon", et n'est absolument pas un petit houx en passe de devenir grand. D'ailleurs, cette plante a vraiment des feuilles très différentes et n'appartient
pas du tout à la même famille que le vrai houx, qui lui se dit précisément "agrifoglio".
En cette période de l'Avent, même si les deux plantes sont très décoratives, évitez de prendre le fragon pour ce qu'il n'est pas.
Il a, en revanche, paraît-il, de réelles vertus veinotoniques
Le véritable houx .
Et...sa pâle réplique, le fragon.
Par Nathalie
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Tous les ans à la même époque, je fais un break et laisse de côté les auteurs italiens.
Cet été, je suis partie, notamment, à la découverte de la littérature ibérique, et j'en ai retiré bien du plaisir.
Voici mes coups de cœur :
Nocturne pour mourir, de Jean-François Coatmeur, Bastberg (2000)
Les Maia, de José Maria Eça De Queiroz,
traduit du portugais par Paul Teyssier, Chandeigne, (2000).
L'Autre comme moi, de José Saramago,
traduit du portugais par Geneviève Leibrich, Seuil (2005).
Sans nouvelles de Gurb, de Eduardo Mendoza, traduit de l'espagnol par François Maspero, Seuil (2001).
Le Mystère de la crypte ensorcelée, de Eduardo Mendoza, traduit de l'espagnol par Anabel Herbout et Edgardo Cozarinsky, Seuil (1988).
L'Or et la cendre,
d'Eliette Abécassis, Le Livre de Poche, (1999).
Par Nathalie
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"Black out a Barcellona, città in tilt",
titrait hier Il Corriere suite, à la panne qui a privé la ville de Barcelone d'électricité. "Black out", OK, tout le monde comprend. Les journalistes français auraient très bien
pu utiliser une telle expression en pareille circonstance (ceci dit, cet évènement a été très peu relayé par les médias chez nous, allez savoir pourquoi...).
Donc : "città in tilt" pour signifier, en gros : "ville plongée dans l'obscurité".
Au mot "tilt", je trouve, dans le Garzanti : "interruzione di un circuito elettrico". J'apprends aussi qu'il s'agit d'un faux anglicisme.
Mon Zigarelli, m'en dit plus, puisque je découvre que "tilt" est un mot anglais, d'origine germanique, et qu'il signifie "inclinazione" (inclinaison). Donc,
effectivement, rien à voir avec une éventuelle panne...
Andare in tilt : "subire un guasto, detto di circuiti elettrici o elettronici" (tomber en panne, dit des circuits électriques ou électroniques).
L'expression, au
figuré, a le sens de "perdre les pédales".
Finalement, l'usage qu'en fait l'italien, n'est pas si éloigné de notre "faire tilter le flipper" (signal indiquant que la partie est interrompue).
Bon sang, mais pourquoi tout cela n'a-t-il pas fait "tilt" plus tôt dans mon esprit ?
Par Nathalie
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La tannerie (la concia, en italien) est un petit monde complexe auquel je me suis trouvée confrontée, il y a
peu, une maison toscane m'ayant confié la traduction d'une brochure en vue du prochain Salon du cuir.
Ce salon étant visiblement destiné aux professionnels du secteur, il s'agissait de faire montre d'extrême précision.
J'ai donc dû me familiariser avec une terminologie bien spécifique et me documenter sérieusement pour savoir, par exemple, à quoi correspondaient exactement le
"liégeage" (la palmellatura) et autres procédés concernant le travail du cuir(cuoio).
Un univers passionnant, d'autant que la société en
question mêlait technologies novatrices, notamment en matière de préservation de l'environnement, et activité artisanale.
Pour découvrir les différentes étapes du travail du cuir :
http://www.cc-tarndadou.fr/cuir.php
Et un lexique multilingue :
http://www.ctc.fr/documentation/lexique_tannerie.php3
Par Nathalie
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Petite liste de mes traductions publiées
Agape, de Paolo Del Guercio, (Montedit), 2007.
Slowfood, manifeste pour le goût et la biodiversité, de Carlo Petrini, (Yves Michel), 2005.
Vincent, de Giuseppe Cafiero, (L'Arbre d'or), 2004.
Le Tigre - Horoscope chinois 2002, de T'ien Hsiao Wei, Gremese, 2001.
Comment obéir à son chat, de Grazia Valci (Gremese), 2000.
Par Nathalie
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En traduisant un texte de voyage sur les Pays-Bas, j'ai
rencontré le mot "Punter".
Je me suis tout d'abord trouvée un peu désemparée face à ce terme que je ne connaissais pas, qui ne
sonnait absolument pas italien, et ne figurait dans aucuns dictionnaires.
La première tentation est donc de laisser le mot tel quel, en se disant que le terme doit bien avoir sa signification dans la langue de Van Gogh. Mais qu'est-ce au juste ?
Le Robert & Collins, consulté à tout hasard, m'informe qu'en anglais, le mot "punt" a, entre autres, le sens de "petit bateau à fond plat". "Punt",
"punter", les mots sont voisins, c'est vrai, mais ont-ils pour autant des significations communes en anglais et en néerlandais ? Hum... pas si sûr.
Une première recherche dans l'Alexandria (dictionnaire néerlandais-français en ligne) me donne "bac", comme traduction. Bon, j'avais bien deviné qu'il s'agissait d'une
embarcation, du fait que le mot côtoyait d'autres types de véhicules aquatiques tels que des canoës et des bateaux à moteur électrique, qu'il était possible de louer, nous
apprenait l'article. Louer un bac ? Non, impossible...
Ma recherche sur le Vertaalwoord (autre dico en ligne), ne donne aucun résultat. Systran, me propose quant à lui "punter". Me voilà bien avancée !
Je ne suis pas néerlandophone, mais j'ai l'idée, même si je peste sans arrêt contre ces outils au rendu très approximatif, de passer la définition d'un dictionnaire monolingue dans un traducteur
automatique.
Résultat :
"pun·ter (le ~ (m.), ~s) 1 bateau ouvert avec, en pente de l'eau une étrave montante droite et un sol plat qui voortbewogen avec un vaarboom, 2 [ voetb. ] l'escalier contre le bal
avec le point de la chaussure" .
La deuxième occurrence ne semble avoir aucun rapport avec mon affaire. Je l'élimine d'entrée. La première, malgré son terrible charabias, semble confirmer qu'il s'agit bien d'une
sorte de bateau, à fond plat, qui plus est.
Ah ! c'est une première piste.
Mais miracle, la clé se trouvait précisément là où je n'avais pas encore cherché, à savoir tout simplement dans la suite de mon texte, qui me fournissait une définition claire et limpide
comme les canaux de la Hollande. J'y apprenais, au bout de toutes ces recherches, que les fameux "punters" étaient, d'après ma traduction de l'italien, de "petits bateaux
de marais, à fond plat, qui se gouvernent à l'aide d'une longue rame, un peu comme les gondoles".
Je me maudis de ne pas avoir commencé par prendre connaissance de l'article dans son intégralité avant de me lancer dans mes péripéties linguistiques et bénis les louables
intentions pédagogiques du journaliste voyageur...
Par Nathalie
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Imaginons que vous soyez allergique à l'arachide ou aux œufs, par exemple, et que vous
projetiez un voyage à l'étranger. Comment, à moins d'être parfaitement multilingue, savoir si les produits que vous consommez contiennent des ingrédients nocifs, voire dangereux pour
votre santé ?
L'université de Wageningen, aux Pays-bas, en collaboration avec l'association Food-Info.net et la Fédération Européenne de la Science et de la Technologie Alimentaire (EFFoST) ont
eu l'excellente idée de concocter un glossaire permettant de jongler entre plus de 700 combinaisons linguistiques et qui recense les ingrédients à l'origine des 200 plus
fréquentes intolérances alimentaires.
Il ne reste plus qu'à lire les étiquettes...
Bonnes vacances !
Par Nathalie
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Deux termes rencontrés dans L'Autre comme moi, version française de O Homen duplicado, de José Saramago.
La citation était la suivante : "...si bien que l'on a fini par confondre les torchons et les serviettes, la soulte avec l'hoirie."
Pour les serviettes et les torchons, pas de problème, on voit immédiatement de quoi il est question, mais ces "soultes" et ces "hoiries" ont aiguisées ma
curiosité.
Après recherches, il ressort que "La soulte" correspond à une somme d'argent généralement versée, lors d'un partage ou d'un échange, pour compenser l'inégalité des lots.
Quant à l'"hoirie", il s'agit d'un synonyme d'"héritage", de "succession", qui tire son origine de "hoir",(très voisin de l"heir"
anglais), signifiant "héritier".
Il est regrettable que les fameuses nouvelles lois Sarkozy, en matière de donations, dont on parle tant, ne soient pas davantage prétextes à employer ces termes
peu usités.
Il aurait d'autre part été intéressant de comparer le texte français avec celui de Saramago pour savoir si dans la version originale il avait eu recours à ces deux expressions ou
s'il s'agit d'une adaptation de la traductrice (Geneviève Leibrich). Hélas, trois fois hélas, je n'entends pas le portugais...
À lire :
L'Autre comme moi
De José Saramago (Seuil, 2005)
traduit du portugais par Geneviève Leibrich
Pour en savoir plus sur ce merveilleux auteur :
http://www.librairie-compagnie.fr/portugal/auteurs/saramago.htm
http://www.caleida.pt/saramago/
(en portugais)
Par Nathalie
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Bonjour et bienvenue sur mon blog,
Je suis traductrice indépendante de l'italien vers le français, plus spécialement dans les domaines littéraire, culturel et audiovisuel, et ce depuis 1999.
J'ai commencé à étudier la langue de Collodi, en autodidacte il y a une vingtaine d'années, puis à l'université, en France (Poitiers, Toulouse) et en Italie (Perugia) jusqu'au
Master.
Plusieurs des ouvrages que j'ai traduits ont été publiés par des maisons d'édition, mais j'ai également l'habitude de travailler pour d'autres supports : sites internet, presse brochures,
catalogues, sous-titres...
Mes secteurs de prédilection, en dehors de la littérature, sont les suivants :
* Presse, arts plastiques, cinéma, théâtre, musique,
radio.
* Gastronomie, œnologie, tourisme.
* Lutte antimafia, histoire, religions,
politique.
Quel que soit le domaine abordé, j'effectue toujours de minutieuses recherches pour approfondir le sujet
traité et pour éviter les éventuelles erreurs d'interprétation.
Je n'hésite pas à annoter mes traductions et à justifier certains choix.
Lorsque les délais le permettent, je laisse "décanter" le texte quelques jours avant une dernière relecture, ce qui me permet d'avoir davantage de recul par rapport à mon
travail.
Et, quoi qu'il arrive, par soucis de qualité, je ne traduis QUE dans ma langue maternelle.
Je suis membre de l'ATLF et de
l'ATAA.
Si vous désirez en savoir un peu plus, n'hésitez pas à visiter mon site.
@ bientôt
Nathalie
Par Nathalie
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